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Voir l'illustration Le Premier Mai
C'était
aussi le jour du muguet porte-bonheur! La
famille entière partait selon l'année pour les bois des Cueillis, des Simonets
ou des Compères. C'était
l'occasion de rencontres fortuites ou arrangées entre gens de hameaux voisins.
Quel plaisir de s'égailler sous les futaies et taillis, de s'y perdre et
de rapporter un gros bouquet de ces clochettes odorantes ! Que d'idylles
aussi se sont nouées à la recherche d'un brin de muguet! Pendant
plusieurs jours le parfum du muguet qui flottait dans toutes les maisons mêlé
parfois à celui du lilas estompait l'odeur des animaux et du fumier qui
s'entassait dans chaque cour. Chez
nous, le lendemain, une partie de la cueillette était mise à sécher par
groupe de cinq tiges, en vue de tisanes pour soutenir le cœur défaillant de
mon grand-père, mais attention à
la dose car le muguet est un poison violent.
Il y avait aussi une autre façon de fêter le
1er
mai qui se perpétue encore de nos jours à la campagne. C'était
de porter ou de traîner tout ce qui n'avait pas été rangé, sur la place du village :
brouette, arrosoir, herse, rouleau, volet... ce qui était d'autant plus facile
que les cours n'étaient pas fermées. Le
lendemain chacun venait reconnaître son bien en jurant de tout ranger et de ne
rien laisser traîner... au moins une fois l’an ! Gilbert PIMOULLE . PARFUMS D' ENFANCE ( En Puisaye, autour de 1920 ) . Édité en 1999
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